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Au coup de sifflet final, le sentiment qui prédomine est celui d’une immense frustration. Accrochée (0-0) par le CS Sfaxien au stade de Radès, l’Espérance de Tunis a livré une prestation aboutie dans le contenu… mais inachevée dans le résultat. Car oui, les Sang et Or ont tout fait aujourd’hui, sauf l’essentiel : mettre le ballon au fond des filets.
Sur le plan du jeu, difficile de reprocher quoi que ce soit aux hommes de Patrice Beaumelle. Loin d’un match parfait - puisqu’il n’y a pas eu victoire - la copie rendue est pourtant très solide. L’Espérance a parfaitement préparé son rendez-vous, imposant son rythme dès les premières minutes, confisquant le ballon et étouffant littéralement son adversaire. Le CS Sfaxien, pourtant prétendant au titre, n’a pratiquement pas existé offensivement, se contentant de deux occasions en première période. Une domination nette, presque totale, qui aurait dû se traduire au tableau d’affichage.
Mais le football a parfois ses paradoxes cruels. Malgré une avalanche d’occasions franches, les Sang et Or ont péché dans la finition. Danho, très actif et souvent bien placé, a manqué de réussite dans le dernier geste, à l’image de plusieurs situations nettes qui auraient pu faire basculer la rencontre. À cela s’ajoutent un penalty manqué, un but refusé en début de match et quelques décisions litigieuses. Autant d’éléments qui, mis bout à bout, expliquent ce score vierge difficile à accepter au vu de la physionomie du match.
Faut-il pour autant blâmer l’équipe ? La réponse est clairement non. Si des points ont été laissés en route récemment - et c’est là que le bât blesse dans la course au titre - la prestation du jour, elle, ne souffre que d’un manque d’efficacité. L’investissement, l’intensité et la volonté affichés étaient bien présents. Et dans une fin de saison où chaque détail compte, ces signaux sont loin d’être anodins.
Car au-delà du résultat brut, des enseignements positifs sont à tirer. Si l’Espérance parvient à reproduire ce niveau de jeu lors des trois dernières journées, les chances de signer un sans-faute sont réelles. La dynamique dans le jeu est là, la détermination aussi. Il ne manque que ce brin de réussite pour faire basculer ces matchs en faveur des Sang et Or.
Enfin, au jeu des équilibres psychologiques, la situation au classement pourrait ne pas être si défavorable. Laisser momentanément le Club Africain en tête n’est peut-être pas un mal. La pression du leadership est parfois difficile à gérer, et les récents signes montrent que cela peut peser. À l’approche du derby, voir le rival assumer ce statut pourrait bien servir les intérêts espérantistes.
Une chose est sûre : cette fin de championnat s’annonce palpitante. Et si elle se joue sur le rectangle vert, l’Espérance, avec un tel visage, a toutes les cartes en main pour aller au bout.