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Chronique d'un sabotage annoncé


La joie du buteur Aboubacar Diakité. (Photo est.org.tn)
La joie du buteur Aboubacar Diakité. (Photo est.org.tn)

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Il y a une question que beaucoup se posent, parfois à voix basse, parfois avec une lassitude mêlée de colère : pourquoi l’intérêt quasi exclusif des espérantistes – dirigeants comme supporters – pour les compétitions continentales, malgré tous les défauts que l’on connaît au football africain ? La réponse n’a rien à voir avec une quelconque arrogance. Elle est bien plus simple, presque cruelle : avez-vous vu ce que le football tunisien propose aujourd’hui comme intérêt, comme équité, comme spectacle ??

D’année en année, la situation ne s’améliore pas. Elle se dégrade. On ne gagne plus des matchs sur le terrain, mais à coups de réclamations administratives, de pierres jetées sur la tête, de ballons mystérieusement dégonflés, ou d’irrégularités arbitrales maquillées par une VAR à géométrie variable. Un folklore honteux, devenu tristement banal.

Certains diront : peu importe. À l’Espérance, on fait abstraction de tout cela. On gagne nos matchs, on empile les titres, on continue d’avancer en restant à distance de ces marécages. C’est vrai. Mais c’est insuffisant !

Car pour ceux qui ne peuvent pas rivaliser sportivement, cela ne suffit plus. Ils ne peuvent pas faire le poids, alors ils cherchent autre chose. Des coups bas. Des freins artificiels. Des manœuvres sournoises. Peut-être qu’à force d’acharnement, ça finira par payer…

Un coup, on modifie la loi sur le nombre de joueurs étrangers. Un autre, on bricole des calendriers sur mesure, dont la variable d’ajustement n’est autre que l’Espérance et, surtout, ses engagements en Ligue des champions de la CAF.

Partout ailleurs, un calendrier est établi en début de saison, puis respecté, avec parfois quelques ajustements justifiés.
En Tunisie, c’est l’exception permanente. On établit le calendrier au jour le jour. Pire encore : on attend les résultats du tirage au sort du championnat pour commencer à placer les dates…

Les affiches importantes de l’Espérance à domicile ? Elles sont placées en milieu de semaine pour affaiblir l’impact du public. Ou astucieusement positionnées juste avant ou juste après un match africain, dans l’espoir que l’équipe y laisse des plumes. Fatigue, blessures, faux pas… c’est toujours ça de pris.

Ce n’est pas une théorie. C’est une pratique.
On l’a vu avec la défaite à Monastir juste avant un rendez-vous continental important, on l’a vu avec le match contre la JS Kairouanaise, coincé entre la double confrontation face au Simba SC la veille d'un déplacement périlleux.
On resserre le calendrier dans l’espoir de maximiser les faux pas.

Ailleurs, quand ton seul représentant continental est en mission, tu le protèges, tu le mets dans les meilleures conditions. Par solidarité sportive et patriotique. En Tunisie ? On fait l’inverse.

Mieux encore. Récemment, trois matchs de championnat ont été reportés lors des deux dernières journées de la Ligue des champions. Bizarre… Solidarité nationale ?
Évidemment non.

Ces matchs ont été repoussés, oui, mais pour être joués en plein mois de Ramadan, à 13h, histoire de casser physiquement les joueurs. Exactement comme il y a deux saisons, quand cette même méthode avait conduit à une avalanche de blessures, finissant par écarter l’Espérance de la course au titre. Une méthode qui a “fait ses preuves”. Alors pourquoi s’en priver ??

Nos responsables, eux, restent dignes. Ils s’adaptent. Ils travaillent. Ils savent que seul le travail paie, quelles que soient les embûches.
Mais pendant ce temps, le football tunisien continue de s’enfoncer. Tiré vers le bas par l’incompétence, la médiocrité et l’obsession maladive de freiner l’Espérance plutôt que d’élever le niveau général.

Et qu’on ne s’y trompe pas : si ce climat perdure, l’Espérance finira, elle aussi, par en subir les conséquences.
Car dans un environnement sans concurrence saine, sans cadre équitable, sans vision sportive, on finit toujours par payer l’addition, même au niveau continental.

Aujourd’hui, on tire la sonnette d’alarme. Demain, il sera peut-être trop tard. S’il y a un bon entendeur…