LC 2011

Un dernier seuil difficile, et c'est le Cap des Bonnes Espérances


L'Afrique sera-t-elle en Sang et Or vêtue ? (Photo : hafidacolor.over-blog.com)
L'Afrique sera-t-elle en Sang et Or vêtue ? (Photo : hafidacolor.over-blog.com)

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Voilà, nous y sommes... A quelques pas, quelques encablures de l'heure fatidique. La belle est à quelques kilomètre à jet de pierre et un vol d'oiseau.
Et pour nous grand peuple "sang et or" ce sera ou le Grand Soir, ou la plus amère des désillusions...

Que peut faire un «Mkacha5» en ce moment ?? Plus grand chose, à part accourir se munir du précieux sésame de ses rêves, pour assister à l'évènement de toute une vie, et ronger son frein en attendant et en priant les cieux. Et on apprend que la ville d'El Menzah était en état de siège, submergée qu'elle le fut par les vagues d'un océan sans fond de tifosi en maraude.

Tout est désormais entre les mains, sous les pieds devrait on dire, d'une vingtaine d'hommes à la livrée "Cinabre Vermillon et Safran Ambré" et leurs responsables techniques... Ce sont eux qui devront engager la dernière ronde des débats et en décider l'issue finale, heureuse ou fatale.
Lors de cette dernière entrée en lisse, ils devront jeter les dès de cette longue et harassante quête qui nous a mené des plates steppes africaines au fin fond des déserts du Nil et vers les hauteurs des neiges de l'éternel Atlas.

Le club a déployé des trésors d'ingéniosité, de travail ardu et d'imagination pour composer cette sérénade finale, et mettre en place les pièces du puzzle de cette symphonie que nous envient le ban et l'arrière ban du ballon rond continental. Cela a pris trois ou quatre bonnes années pour rassembler et mettre les dernières touches à ce chef d'oeuvre.

Des essais et des erreurs. Des hommes venus et repartis par manque de talent, d'affinités ou d'ambition et de caractère. Des pousses sortis de la nurserie et qui sont devenus des murs porteurs et des valeurs indiscutées. Des hommes venus d'ailleurs et qui sont à présent enfants du pays. Des techniciens locaux et étrangers se sont relayés sur le banc, chacun apportant sa pierre à ce complexe édifice. Des critiques, et des fronts sourcilleux, de la peine et de la patience. Des obstacles et des imprévues, une révolution même sont venus émailler ce parcours tortueux mais résolu à avancer vaille que vaille, en pliant toujours face aux tempêtes, en perdant des morceaux ça et là mais cheminant crânement contre vent et marrées.

Nous ne pourrions jamais remercier assez et faire l'éloge de l'homme à la barre. Hamdi, Le timonier de cette épopée hasardeuse en eaux troubles, l'homme qui devait piloter notre cargo dans les marigots fétides des manigances  et entourloupes, en évitant chapardages et coupe-jarrets. Souvenons nous seulement du seigneur des affreux corbeaux de Kinshasa et du dévoyé, glouton maître de la pompe qu'à fric : Moshé et Issa !!!
Nul ne peut nier que notre président  nous a doté et équipé de toutes les armes et tous les arguments utiles et nécessaires en vue de la victoire finale, tant attendue et amplement méritée. Le club dispose des trois lignes les plus cohésives et les plus complémentaires que l'on puisse avoir sur un tel continent et selon les lois qui régissent le recrutement et la gestion des effectifs de son football.

Des larmes, et du sang disait Churchill, mais enfin une véritable défense adossée à un gardien d'avenir  vaillant, confiant et inspirant confiance à ses partenaires.

Deux colonnes d'Hercule, difficile à lober et contre lesquelles l'on vient s'écraser comme le ressac contre une falaise. Une falaise intraitable en défense et redoutable en attaque. Le Ahly cairote en gardera un souvenir cuisant.

Des ailes déployées, sorte de cavalerie légère, ou Hermès aux pieds ailés à gauche et cuirassé Potemkine à droite, et malheur à qui vient s'y coller, car ceux qui s'y frottent s'y piquent.

Une ligne médiane, brave et solidaire, solide et visionnaire qui arrête, étouffe, étrangle puis lance et libère des trajectoires vers et dans les espaces et les boulevards ouverts. Un véritable couteau suisse à usage multiple, et à poumons multiples pour le four et le moulin.

Et enfin un quartet de virtuoses musiciens : Khali ghannech galet H'lima !!! ...Une division de hussards capables les bons jours de défoncer y compris la muraille de la Mancunie ou de percer la citadelle milanaise. Un capitaine virevoltant et inventif, une anguille insaisissable d'où son surnom : la mangouste, un pétard nerveux et étincelant comme une Honda au moteur gonflé et infatigable et puis un char d'assaut blindé lancé à tombeau ouvert… De l'artillerie lourde et létale...

Sous les vivas de 60.000 gorges assoiffées, la galerie sang et or chauffée à blanc juchée sur les travers d'un chaudron bouillant et qui chante à tue-tête, cet attelage là et son char de feu des dieux olympiques auront fière allure. Cette équipe aura à cœur d'aller chercher aux tréfonds de ses réserves, l'énergie et la force requises et capables de forcer le destin et de culbuter toutes les résistances. Pour sa propre gloire et son palmarès, l'amour du club et l'allégresse des fans.

Samedi soir, les âmes des ancêtres qui naguère hantaient les cafés de Bab Souika viendront de toutes parts, du paradis et de l'enfer des amoureux de la casaque aux verticales « Corail et Marguerite ». Des jeunes et des moins jeunes seront là : hommes et femmes, enceints d'espérances, pour la grand messe et l'apothéose de la Triple Couronne Révolutionnaire, de l'adoubement sur le Baobab ancestral de la belle africaine à la peau sombre et aux yeux reflets d'or.

Il ne tient qu'à nos valeureux chevaliers de nous servir le calice de platine, le graal des graal. Nous n'avons qu'à nous percher rangée au dessus d'un multitude de rangées, chanter et chanter autour de la lice. Et dame espérance y sera aussi et attendra que son chevalier servant, terrasse le dragon et puis qu'il vienne sur son fier destrier lui offrir le butin au bout de sa lance achalandée de milliers de rubans aux couleurs coquelicots-marguerites. Le sang du Dragon et l'Or de la prise... De Bab Souika pris d'hystérie partiront des ondes de folie, la fièvre et de délire des grands soirs de victoire. L'onde de choc rayonnera du Nord au Sud et les répliques se feront sentir aux coins cardinaux de tout le continent.

En avant Tarraji Dima Dawla, et Allez en avant les garçons.. Jibouha ya louled jibouha ..Nous serons là, et nous prierons en chœur pour le succès de votre héroïque Iliade !!!