Réflexion

Entre style et efficacité !


Généreux dans l'effort, Derbali et ses coéquipiers méritent notre soutien inconditionnel ! (Photo CHALA)
Généreux dans l'effort, Derbali et ses coéquipiers méritent notre soutien inconditionnel ! (Photo CHALA)

Je voudrais pointer le doigt sur la grande déception de l'après Coupe du Monde et le périple nippon. La CAN où on avait fourni le plus grand contingent de joueurs locaux. Le démarrage catastrophique de la saison et trois matches à l'issue mitigée. Le départ inattendu de notre coach champion d'Afrique. On s'est retrouvé avec un cumul de matches en retard. Nous nous traînions dans les profondeurs du classement et je me demandais comment le club allait faire pour remonter la pente.

Il a fallu cravacher dur, et abattre un travail énorme par tout le monde - équipe technique et effectif. Deux rencontres en moyenne par semaine et il faut rajouter à cela la nouvelle campagne africaine.

Dans ces conditions, il n'y a pas trente six mille choix : Le style ou bien l'efficacité, d'autant plus que tous les clubs y compris les plus grands se sont ligués pour nous faire tomber. Désormais en Tunisie, contre l'EST tout le monde joue à dix derrière. 

Si nous gardons à l'esprit la perte de notre pièce maîtresse en cours de route, tout espérantiste sincère comprendra la difficulté de la tâche, que seul un grand club comme le nôtre pouvait négocier et surmonter. Il n'y a qu'à regarder autour de nous la zizanie et les dégâts chez nos concurrents directs. 

Dans le cours de trois petits mois, nous avons réussi à aligner onze victoires consécutives toutes compétitions confondues et un nul : Nous sommes qualifiés pour le second tour des qualifications de la Champions League 2012. Et en prime, nous retrouvons notre fauteuil de champion sortant. Et ce malgré les blessures successives, et l'absence du douzième homme. Dans le calme. Avec discipline collective et sans trop de dégâts côté cartons. Chaque joueur sans exception a apporté sa contribution, sa pierre à l'édifice et l'effectif s'est comporté comme un bloc solidaire. Aucune saute d'humeur, aucun caprice de star. Derrière cette réussite, il y des joueurs professionnels, un staff technique travailleur et sobre, et une direction avisée. Même la rupture avec notre star n'a réussi à provoquer de vagues ni d'écrouler notre moral. 

Le coach a fait du mieux possible, en fonction des aléas, du réservoir humain à sa disposition, pour composer une ligne défensive crédible, un milieu et une attaque. Ses choix tactiques peuvent êtres discutés, mais les résultats le dédouanent. Et c'est ce qui compte dans un premier temps et après seulement trois mois d'exercice, et en sachant qu'ailleurs dans le monde un manager ne réussit à donner une personnalité à un effectif et créer un fond de jeu qu'au bout d'un an. Voyez le PSG, ses millions, sa pléiade de stars et Ancelotti qui peine à faire briller le jeu de ses hommes. Et je voudrais préciser au passage que je suis loin d'être partisan de cette école suisse.

Pour ma part je me dis, le temps travaille pour nous, car notre effectif est jeune, et nous avons déjà réussi de grandes choses. De grands clubs européens s'intéressent à nous, et il y a de fortes chances de réaliser une bonne revente ou deux, qui amèneront de l'eau dans notre moulin et permettront de faire de nouvelles acquisitions à l'inter-saison et en vue de la CLA 2012. Un nouveau titre africain, une bonne coupe du monde et une super coupe continentale 2013 et nous aurons fait le tour de tout ce qui est possible pour une génération dorée. Battre tous les records nationaux et enrichir notre palmarès pour faire taire tous les persifleurs.

Les groupes de supporters ont beaucoup déçu ! Une prise de conscience et une adhésion à l'esprit "Mkach5a" s'imposent ! (Photo CHALA)

Le seul point noir, selon moi, demeure le comportement d'une fraction de nos fans. Ces rivalités internes et fratricides sont une voie sans issue, une artère bouchée, qui peut à terme tuer pour longtemps, sinon à jamais l'esprit Mkach5a, l'âme et le feu sacré Sang et Or. Lorsqu'on voit l'affligeant spectacle de nos propres supporteurs en venir aux mains, on se met à se demander si on vit dans la réalité ou dans le pire scénario d'un horrible cauchemar. Ce phénomène doit disparaître ou alors c'est l'idée même de football dans le pays qui finira par ne plus avoir aucun sens. 

Le huis-clos c'est le désert, un mariage stérile, un verger qui ne donne aucun fruit, une nature sans pluie et sans soleil. Si tout se joue derrière des murs et des portes closes, adieu fête, adieu convivialité, adieu culture. C'est la mort lente du petit cheval.